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12/10/18 DEFI : les professionnels font front face aux coupes budgétaires

Alors que Bercy entend prélever 7 % des ressources du DEFI pour 2019 et plus encore l'année suivante, les professionnels de la mode serrent aujourd'hui les rangs. Sept présidents de fédérations signent ainsi ce mardi une tribune publiée par L'Opinion appelant à ne pas fragiliser l'organe de soutien au savoir-faire, à l'innovation et à la création française.


Le ministère des Finances - Shutterstock


« Cette annonce a sidéré les professionnels qui avaient salué le discours d'Emmanuel Macron le 5 mars dernier soulignant le rôle des créateurs dans l'économie », pointe ainsi cette tribune, qui dénonce une mesure incompréhensible et décidée sans concertation avec la filière. « Cette baisse des ressources du DEFI, si elle était votée, porterait un coup sérieux au secteur, notamment au dynamisme de la création française et à l'internationalisation des PME. Son impact sera négatif au plan économique et sans effet sur les finances publiques. »

Les signataires rappellent que le DEFI accompagne chaque année 550 entreprises avec un budget de 10 millions d'euros collectés auprès des entreprises du secteur via la taxe affectée. Pour les signataires, la ponction de 7 % d'une taxe mise en place par la filière pour son propre usage et qui représente un montant annuel de 10 millions d'euros est un nouvel impôt imposé aux sociétés. Et surtout un préalable à une « ponction » plus importante, de 20 %, dès 2020.

« Le secteur de la mode ne demande aucune aide ni subvention, rappelle la tribune. Il estime qu'il a su mettre en place une "taxe optimale" en instaurant un système efficace et exemplaire sans peser sur le budget de l'Etat. Les professionnels demandent que les ressources du DEFI au profit des entreprises soient respectées et que son apport crucial à cet écosystème soit reconnu.

Ce regroupement de fédérations*, auquel ne s'est pas associée cette fois la Fédération de la haute couture et de la mode, souligne ainsi que le secteur de la mode pèse pour 150 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit 1,7 % du PIB et 2,7 % en comptant les effets induits. Et rappelle au passage les mots prononcés par le ministre de l'Economie en novembre 2017 au Forum de la Mode : « Vous êtes l'un des secteurs dans lesquels les décisions fiscales prises par le gouvernement seront les plus positives ».« Quand on débute, il faut créer une relation de confiance avec les clients, cela prend du temps. Cela serait quasiment impossible sans un soutien comme celui que nous donne le DEFI dans cette phase délicate. Etre présent sur les salons coûte cher. »
« Nous avons mis le pied à l'étrier à des marques qui aujourd'hui sont citées en exemple, créent de l'emploi, de la croissance… rappelle Clarisse Reille. Aujourd'hui, nous devons arriver à expliquer factuellement aux politiques que nous avons mis en place un système vertueux. Il faut comprendre que les 10 millions qui sont injectés en soutien à la création rapportent 13 millions directement en impôts et taxes. Il y a un retour sur investissement. Bercy n'a même pas fait cette étude d'impact ! »..........


source Fashion network