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25/01/17 La lingerie française a uni ses forces lors d'un défilé commun

Le monde français de la lingerie n'allait pas se laisser intimider par Victoria's Secret après sa démonstration de force parisienne. En novembre dernier, la griffe de lingerie américaine, souhaitant établir une tête de pont sur le marché européen, a fait traverser l'Atlantique à ses modèles et les a fait défiler à Paris dans le cadre d'un show dans le plus pur style de Las Vegas. La résistance française n'a pas tardé à s'organiser face à l'envahisseur, avec un spectacle intitulé « Lingerie, mon amour » qui s'est tenu dimanche dernier, alors que débutait la Fashion Week parisienne et que se tenait en parallèle le Salon International de la Lingerie.

Pour la toute première fois, 14 grandes griffes de lingerie françaises, armées de dentelle et corsets, ont défilé sur le même podium, attaquant ainsi de face le rouleau compresseur américain. Aubade, Chantelle, Empreinte, Lise Charmel, Lou, Louisa Bracq, Maison Lejaby, Passionata et Simone Pérèle étaient accompagnées par de plus jeunes marques invitées : Elise Anderegg, Madame Aime, Maud

Contrairement au défilé Victoria Secret qui a dépensé 20 millions de dollars, le défilé français a réuni un orchestre de 14 musiciens pour retrouver l'esprit de Marie-Antoinette, une des premières femmes – selon les organisateurs – « à s'être libérée de son corset ».Les organisateurs français ont préféré mettre en avant des modèles plus âgés et moins connus, prouvant, si besoin est, que le glamour est « à la portée de toutes les femmes ».

Karine Sfar, qui préside la Fédération française de la lingerie, a tenu à souligner que la France est encore le numéro mondial de la lingerie haut de gamme, grâce notamment au savoir-faire inégalé de ses fabricants de soutiens-gorge.« Chaque soutien-gorge est composé de 30 à 40 pièces et cela nécessite un niveau impressionnant d'expertise » afin de mettre au mieux en valeur les atouts d'une femme. Mais, plus que tout selon elle, avec un « vêtement aussi intime », il faut que celui-ci soit confortable et « vous rende encore plus belle », tout en gommant ce que vous ne souhaitez pas montrer.

Et malgré l'accent mis sur la confiance intérieure des femmes, Karine Sfar a tout de même admis que les grands noms de la lingerie française, comme Aubade et Maison Lejaby, sont loin d'être des bastions féminins. « Il n'est pas possible d'affirmer ça alors que quasiment aucun des dirigeants des grandes griffes françaises n'est une femme. »Selon Alain de Rodellec, la lingerie a longtemps été considérée comme « un accessoire, plutôt qu'un vêtement à part entière. Mais il s'agit d'un véritable article de mode, qui mérite sa place sur les podiums ». « Depuis longtemps, nous souhaitons que la lingerie puisse faire partie de la Fashion Week de Paris et nous espérons que ce jour arrivera », a-t-il ajouté.